La méthodologie de revue de littérature derrière Martha
La démarche scientifique que suit l'outil Revue de littérature de Martha : périmètre, recherche, sélection, extraction sourcée, comparaison, synthèse thématique et rédaction traçable.
La méthodologie de revue de littérature derrière Martha
Martha n'impose pas une méthode « maison ». L'outil met en pratique la démarche classique d'une revue de littérature telle qu'elle est enseignée en master et en doctorat, en la rendant plus rapide et surtout traçable. Ce document explique cette démarche, pour que vous sachiez pourquoi chaque étape existe — même si vous découvrez le sujet.
En une phrase : une revue de littérature n'est pas un résumé de lectures mises bout à bout, c'est une analyse organisée et critique de ce que la recherche sait déjà, de ses accords, de ses désaccords et de ses zones d'ombre.
Les principes qui guident l'outil
Trois principes traversent toutes les étapes.
- Traçabilité. Toute information retenue est reliée à sa source et au passage exact qui la justifie (avec la page). Aucune affirmation « hors-sol ».
- L'humain décide. L'IA propose ; l'auteur valide, modifie ou rejette. Une proposition non validée n'entre jamais dans la revue.
- Distinguer le fait de l'interprétation. Ce que les auteurs rapportent de leur étude n'est jamais confondu avec ce qu'ils citent d'autres travaux, ni avec l'interprétation qu'en propose l'IA.
Étape 1 — Délimiter le périmètre
Avant de chercher, on définit le terrain :
- la question de recherche (précise, répondable) ;
- les concepts clés et mots-clés ;
- les critères de pertinence : population, phénomène ou intervention, période, contexte / méthodologie.
Ces critères jouent le rôle d'un cadre de type PICO/PICo (Population, Intervention/Phénomène, Contexte). Ils servent ensuite à juger si une source entre dans le périmètre — et à écarter d'emblée un document d'une autre discipline (le garde-fou « hors sujet »).
Étape 2 — Rechercher largement, puis cibler
La recherche interroge plusieurs bases reconnues (OpenAlex, PubMed, arXiv, Google Scholar) plutôt qu'un moteur généraliste. On vise d'abord la couverture (ne pas manquer de travaux importants), puis on resserre.
Chaque référence garde ses métadonnées (auteurs, année, revue, DOI) et son statut de texte intégral : une référence sans texte intégral reste utile pour situer le débat, mais ne peut pas être analysée en profondeur.
Étape 3 — Constituer et lire le corpus
Les sources sont rassemblées dans une bibliothèque. Pour les PDF, le texte est extrait page par page (il faut un vrai texte : un PDF scanné sans couche textuelle ne peut pas être analysé).
La lecture active fait partie de la méthode : surligner, classer les passages (résultat, limite, méthode), prendre des notes. C'est ce qui transforme une pile d'articles en matière critique.
Étape 4 — Extraire des données structurées et sourcées
Pour chaque source, on extrait les mêmes champs comparables :
- objectif / question de recherche
- population, échantillon ou corpus
- contexte (pays, période, cadre)
- méthodologie (design, instruments, analyse)
- intervention ou phénomène étudié
- variables ou critères d'évaluation
- résultats principaux rapportés par les auteurs
- limites déclarées
- conclusions
La règle d'or : n'extraire que ce que le texte dit, avec une citation mot pour mot et la page en preuve. L'IA produit des candidats ; la validation humaine les transforme en données retenues. Cette étape est ce qui sépare une revue sérieuse d'un résumé approximatif.
Étape 5 — Évaluer la pertinence et comparer
Toutes les sources trouvées ne méritent pas d'être retenues. On juge la pertinence de chaque étude au regard de la question et des critères — l'IA propose un avis justifié (pertinente, à revoir, hors sujet), l'auteur décide.
Les études retenues sont ensuite alignées dans une matrice de comparaison : un tableau qui met côte à côte designs, populations, résultats et taille d'effet. La matrice fait apparaître d'un coup d'œil les convergences, les écarts et les trous.
Prudence méthodologique : des résultats issus de méthodes différentes (une étude de cas et une méta-analyse, par exemple) ne sont jamais présentés comme équivalents.
Étape 6 — Synthétiser par thèmes
Une revue ne s'organise pas étude par étude, mais par thèmes — les grandes idées qui répondent à la question. Pour chaque thème, on précise la contribution de chaque étude :
- convergent : va dans le sens du constat ;
- contradictoire : le contredit ;
- contextuel : apporte une nuance ou du contexte.
La synthèse décrit alors le constat, ses tensions, et ce que les différences de méthode peuvent expliquer. C'est le cœur analytique de la revue.
Étape 7 — Rédiger, citer, vérifier
La rédaction s'appuie uniquement sur les preuves validées et la synthèse de l'auteur. Les citations sont insérées dans un style cohérent (APA, Vancouver, Harvard). Un contrôle des affirmations repère ce qui est :
- soutenu par une preuve ;
- partiellement soutenu (plus fort que la preuve) ;
- non soutenu.
Ce contrôle protège contre le risque principal d'une revue assistée : affirmer plus que ce que les sources permettent.
Ce que l'outil ne fait pas (et pourquoi)
- Il n'invente pas de chiffres, d'études ou de références : tout vient du texte fourni.
- Il ne décide pas à votre place de la pertinence, des thèmes ou de la version finale.
- Il ne remplace pas la lecture : il la rend plus rapide et vérifiable.
L'IA est un assistant de travail scientifique. La rigueur — et la responsabilité — restent celles de l'auteur. C'est précisément ce cadre qui rend une revue produite avec Martha défendable devant un jury.